Bertrand Charles HALNA DU FRETAY (1896-1918)

De Les Côtes-d'Armor dans la Grande Guerre
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Origine et Famille

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Maurice HALNA du FRETAY
1835-1901
 
Marie POIRIER de NOISSEVILLE
1840-1920
 
 
??? DE BRANGES
 
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Charles HALNA du FRETAY
1864-1943
 
 
 
 
 
 
Anne Elisabeth Marie DE BRANGES
DE BOURCIA
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bertrand HALNA du FRETAY
1896-1918




Bertrand Charles HALNA du FRETAY est né le 5 novembre 1896 à Versailles (78).
Il est le petit-fils de Maurice Clément HALNA du FRETAY (1835-1901), Baron du Fretay, âgé de 29 ans, et de, Marie Angélique POIRIER de NOISSEVILLE (1840-1920), âgée de 23 ans


Ses frères et soeurs :

Guerre 14-18

Recrutement à Versailles (78), matricule N° 189
Sous-lieutenant au 71e régiment d'infanterie
Blessé mortellement face à l'ennemi le 30 mai 1918 à Saint-Paul-aux-Bois (Aisne). Disparu.
Transcription à Dinan (22).

Sources

Lettre du 24 juin 1918, d'un de ses compagnons de combat et ami, le sergent MATHON, de la 3ème compagnie du 71e régiment d'infanterie.

Sous-Lieutenant Bertrand HALNA du FRETAY

Flers (de l'Orne NDLR), le 24 juin 1918,

Monsieur le Comte,
Madame la Comtesse,


Sergent du lieutenant B. HALNA du FRETAY et son ami intime depuis juillet 1916, je viens vous demander si vous n'avez point reçu de ses nouvelles depuis le jour de sa disparition.

Le 30 mai dernier, en effet, nous avons eu la douleur de le laisser aux mains de l'ennemi. Quelques instants avant qu'il tombât blessé, je me trouvais en effet auprès du Cher Lieutenant, et en recevais l'ordre de me retirer rapidement avec mes hommes, à une centaine de mètres en arrière.

Le repli effectué, je m'informais de lui auprès des fractions avoisinantes ; il ne s'y trouvait pas.
Ce fut seulement plusieurs heures plus tard, au rassemblement du reste de la section, et lorsque la vague ennemie avait déjà fait de vastes progrès, que j'ai appris la vérité.
Je regrettai vivement mon impuissance : que n'eus-je pas fait pour ramener avec nous mon cher ami.
Le 3 juin en première ligne, le Lieutenant Guillaume, Commandant de compagnie, me demanda un petit rapport écrit relatant la disparition du Lieutenant du FRETAY.
Je recueillis immédiatement les renseignements de la bouche même des témoins, et les lui fit aussitôt parvenir.
Mais le 5 juin, durant une violente attaque déclenchée sur notre front, le Lieutenant Guillaume fut porté "Disparu", et moi-même je fus blessé et évacué. Je me demande donc si le Commandant de la 3ème compagnie a pu vous donner des nouvelles précises.
C'est pourquoi j'ai pensé à vous relater le texte même de cette relation dont j'avais gardé copié. Je sais qu'en pareille occurrence, la vérité est préférable à l'incertitude ; ce récit proclame une fois de plus la chrétienne bravoure de votre héroïque fils.
Je prie Dieu que d'Allemagne vous parvienne sans tarder une lettre rassurante du Lieutenant, élargissant l'espoir que je conserve encore.

« Le jeudi de la Fête-Dieu, 30 mai 1918, vers les treize heures trente, la 3ème compagnie se trouvait en position d'attente dans la tranchée de première ligne en avant de Trosly-Loire.
L'ennemi ayant réussi à progresser sur la droite, le Lieutenant HALNA du FRETAY eut un instant la pensée de le contrattaquer avec sa section ; mais celle-ci prise de flanc par la fusillade, dût rétrograder de 100 mètres en arrière et à gauche.
Durant ce repli opéré à découvert dans un vaste verger, le Lieutenant s'arrêta derrière un pommier pour observer à la jumelle la progression ennemie.
Il dit au soldat DESPLAS qui l'accompagnait : "Couche-toi, voila les boches qui placent une mitrailleuse."
A ce moment, il reçu une balle et tomba en portant la main à la cuisse gauche. "Je suis blessé", dit-il, en devenant extrêmement pâle.
- "Faut-il vous prendre votre manteau ou autre chose pour le donner à votre ordonnance ?"
- "Non, sauve-toi, les boches arrivent, laisse-moi."
Puis il murmura : "Adieu France, je ne combattrai plus pour toi !".
DESPLAS quitta alors le Lieutenant et se porta dans la tranchée de 2ème ligne que les boches occupaient déjà sur la gauche.
Sept ou huit minutes plus tard, les fusilliers mitrailleurs de la 1ère section, MICHELET et LE CORRE qui restaient les derniers, retraitaient à leur tour en rampant, trouvaient le Lieutenant du FRETAY étendu sur le côté droit. Ils l'appelèrent par deux fois, et le touchèrent du bras ; pas de réponse, le visage et les mains étaient très pâles.
L'ennemi continuait à les encercler, MICHELET et LE CORRE qui avaient d'abord pensé à enlever leur Lieutenant, durent à regret s'éloigner au plus vite, toujours en rampant et poursuivis par la mitrailleuse boche.
La retraite stratégique ayant continué au cours l'après-midi et dans la nuit, il n'a plus été possible de s'approcher du Lieutenant du FRETAY, qui est donc resté aux mains de l'ennemi.»

Permettez-moi d'ajouter un mot à cette lettre déjà longue. Les Allemands qui nous ont poursuivis puis attaqués, ont toujours pris soin de recueillir les blessés, français ou boches, qu'ils rencontraient ; nous l'avons constaté nous-même le 5 juin.
Ne craignez donc pas que votre fils n'ait pas reçu de l'ennemi les soins que nécessitait son état.
Je serais très heureux d'apprendre les nouvelles rassurantes qui pourront vous parvenir d'Allemagne.
Séminariste briochin, j'ai toujours vécu en parfaite communion d'esprit et de sentiment avec ce Cher Lieutenant, dont j'appécie et admire le fougueux patriotisme et la solidité des convictions religieuses, toujours fièrement affichées : le 28 mai, au soir, quelques instants avant d'effectuer le superbe coup de main dans lequel la partie délicate était réservée à sa section, et qui a dû lui valoir une citation élogieuse, n'a t-il pas ostensiblement fait venir l'aumonier du 3ème bataillon, l'Abbé JACQUART, pour entendre sa confession.
Dieu aime et couvre de sa protection les âmes qui se confient en Lui.


Veuillez agréer, etc ...

Signé : J. MATHON
Sergent J. MATHON du 71e régiment d'infanterie
Hôpital auxiliaire 2I2 Flers (Orne)


Proposé par Annick LE PRIOUX VAILLANT, adhérente CG22 N° 4360

Mise en ligne par Michel MORO

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