Joseph Yves Marie TADIER (1895-1978) : Différence entre versions

De Les Côtes-d'Armor dans la Grande Guerre
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== Contexte familial ==
== Famille ==
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'''Joseph Yves Marie TADIER''' naît à Plévenon (22) le 24/03/1895. A cette date, Son père '''Jean Baptiste Yves TADIER''', (1853-1943), marin de profession comme son l’était son père avait réduit ses déplacements maritimes à des activités de pêche côtière et cabotage à partir de Plévenon, Saint-Brieuc et Cancale, tandis que sa mère '''Anne-Marie Joséphine GROUAZEL''' (1859-1935) tenait l’auberge épicerie familiale à Plévenon,avec l’inscription en façade : ''''' Baptiste TADIER loge à pied, à cheval, vend à boire à manger'''''.<br />
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'''Joseph''' est le 8ème d’une fratrie de 10 enfants dont trois n’ont pas survécu plus de trois jours. L’aîné de la fratrie, '''Pierre Marie''' (1885-1904) meurt d’une péritonite aigüe. Son frère '''Aimé Jean Baptiste'''(1896 - 1916) disparaît à Douaumont le 24/10/1916. Il lui sera attribué la croix de guerre avec étoile d’argent (JO du 22/10/1923). '''Joseph''' perd également sa sœur '''Angèle Marie Joseph''' née en 1894 le 17 Octobre 1918, victime de l’épidémie de la grippe espagnole.  <br />
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'''Joseph''' obtient le certificat d’études Primaires le 31 Juillet 1909.
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==Inscription Maritime ==
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Inscrit provisoire dans la marine marchande le 11/05/1911 à Saint-Brieuc, Joseph pratique essentiellement la navigation au cabotage et à la pêche côtière comme novice avec un patron au départ de Plévenon, puis devient inscrit définitif à sa demande le 7 mai 1913, immatriculé sous le n° 44161. Il navigue ensuite en alternant le cabotage à partir de Rouen et la petite pêche à Plévenon jusqu’au 19 février 1915.
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==Parcours pendant la grande guerre (de 1915 à 1919)==
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Faisant partie de la classe 1915, il est recruté sous le numéro 1014 dans les armées (bureau de recensement de Saint-Brieuc-Dinan). Affecté dans la marine d’état au 2ème dépôt de Brest, du 1/03/1915 au 19/02/1916, il rejoint ensuite l’équipage du croiseur cuirassé Edgar QUINET jusqu’au 26 Mai 1917.
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En 1916, il participe ainsi à l'occupation de Corfou, puis à l'évacuation de l'armée serbe jusqu’au 26/05/1917, date à laquelle il rejoint la Canonnière = La Courageuse =.
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Là il participe à diverses opérations qui vaudront à l’équipage de la Courageuse d’obtenir la Citation à l’ordre du jour de l’Armée (photo en fin d’article). Sur ce document, on retrouve un bref résumé des faits de guerre ayant conduit à cette distinction : 
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21 juin 1917 – Le vapeur NORD, escorté par la COURAGEUSE, est torpillé de jour et atteint. Une torpille passe sous la COURAGEUSE qui lance quatre grenades. Le vapeur est sauvé.
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11 décembre 1917 – Dragage auprès d’Akrati (Milo) : deux mines sont détruites.
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3 janvier 1918 – Dragage du chenal de Doro, trois mines sont détruites.
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4 mars 1918 – Le CLAN GRAHAM, convoyé par la COURAGEUSE, est torpillé de nuit et atteint. La COURAGEUSE recueille une embarcation chargée de personnel et dirige le remorquage par le SATURNE du bâtiment torpillé qui est sauvé.
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20 août 1918 – Le BYZANTION, escorté par la COURAGEUSE, est torpillé de jour et manqué par un sous-marin. La COURAGEUSE lance dans de bonnes conditions onze grenades.
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Le bulletin de la guerre sous-marine du 26 août rend compte de cette attaque dans les termes suivants : « En mer Egée, le sous-marin qui avait commencé une croisière très active, le 17, a été grenadé par la COURAGEUSE à la suite de l’attaque manquée du BYZANTION, le 20, et n’a plus été revu depuis ».
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9 et 10 septembre 1918 – Le POLYCASTRIA, dans l’escorte duquel se trouve la COURAGEUSE, est torpillé de nuit et atteint. La COURAGEUSE lance deux grenades, le vapeur torpillé est sauvé.
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5 octobre 1918 – Le REVENTAZON et la MARIA, dans l’escorte desquels se trouve la COURAGEUSE, sont torpillés de nuit et coulent très rapidement. La COURAGEUSE sauve quarante-quatre hommes du REVENTAZON et, avec l’aide du COQUELICOT, vingt-quatre hommes du MARIA, dont plusieurs blessés graves. La COURAGEUSE est torpillée à son tour. La torpille passe sous le milieu du bâtiment. La COURAGEUSE opérant avec FLAMBERGE lance presque aussitôt 10 grenades sur le sous-marin dans des conditions telles qu’un résultat heureux semble très probablement avoir été obtenu. Trois heures après, une nappe épaisse de mazout longue de 1000m et large de 3 à 400m recouvre la mer. (…). Cette dernière action détermine l’attribution de la Croix de Guerre à la Courageuse. »
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Le texte précise entre autres : « (…) bâtiment à bord duquel n’a cessé de régner le plus bel esprit militaire, (…) » 
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Le rapport du lieutenant de Vaisseau Cosme se termine de belle manière « Je tiens, Commandant, en terminant, à vous dire combien j’ai été fier au cours de ces opérations, tant pour le sauvetage des naufragés qu’au moment où le sous-marin nous a torpillé, et pendant le grenadage de l’ennemi, de l’attitude de mon bel équipage, calme, silencieux, exécutant tous les mouvements avec ordre et sang-froid, sous la direction de l’officier en second, et qui m’a donné constamment, dans ces circonstances, la preuve que je pouvais, aux heures difficiles, placer dans mes hommes une confiance illimitée. Signé : COSME »
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Joseph TADIER a été promu quartier maître timonier sur la Courageuse par décision ministérielle du 5 janvier 1918 (cf. livret de de solde, p.14) Cependant, son séjour maritime dans les Dardanelles lui a valu une pleurésie probablement mal soignée qui a généré des complications pulmonaires reconnues par les Commissions de réforme successives en faveur d’un pourcentage supplémentaire de droit à pension (Fiche Matricule Militaire)
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==L’après-guerre ==
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A partir de 1919 il retrouve la marine marchande et navigue à plusieurs reprises sur le Rochambeau sur la ligne le Havre - New York, puis sur différents cargos au long cours.
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Joseph se marie le 19 Octobre 1926 à Saint-Lunaire (35) avec Marcelle Marie Gabrielle MENIER (1897 -1978),née à Saint-Briac. Deux enfants naîtront, Pierre Joseph Marie, (1927-2016) et Annick Marcelle (°1930) tous deux nés à Plévenon. En 1931, le couple s’installe définitivement dans la maison de la mère de Marcelle à Saint-Briac sur mer (35) jusqu’à leur décès. Joseph prend sa retraite de marin en 1940, où il effectuera divers travaux dans des fermes de la région. Pendant la guerre de 40, il est blessé en sautant sur une mine dans son jardin. Joseph TADIER décède le 2/06/1978 au foyer logement de Saint-Briac sur Mer, 5 jours après son épouse.
  
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Reproduction de la Citation à l’ordre du jour de l’armée (Archives Familiales)
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Pages réalisées par Serge TADIER  Adh 10040

Version du 18 décembre 2017 à 21:06

Fiche en cours de création

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Sommaire

Contexte familial

 
Jean Baptiste Yves TADIER
 
Anne-Marie Joséphine GROUAZEL
 
 
INCONNU
 
INCONNU
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Joseph Yves Marie TADIER
 
 
 
 
 
 
Marcelle Marie Gabrielle MENIER
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pierre Joseph Marie TADIER
 
 
Annick Marcelle TADIER
 
 
 
 

Joseph Yves Marie TADIER naît à Plévenon (22) le 24/03/1895. A cette date, Son père Jean Baptiste Yves TADIER, (1853-1943), marin de profession comme son l’était son père avait réduit ses déplacements maritimes à des activités de pêche côtière et cabotage à partir de Plévenon, Saint-Brieuc et Cancale, tandis que sa mère Anne-Marie Joséphine GROUAZEL (1859-1935) tenait l’auberge épicerie familiale à Plévenon,avec l’inscription en façade : Baptiste TADIER loge à pied, à cheval, vend à boire à manger.
Joseph est le 8ème d’une fratrie de 10 enfants dont trois n’ont pas survécu plus de trois jours. L’aîné de la fratrie, Pierre Marie (1885-1904) meurt d’une péritonite aigüe. Son frère Aimé Jean Baptiste(1896 - 1916) disparaît à Douaumont le 24/10/1916. Il lui sera attribué la croix de guerre avec étoile d’argent (JO du 22/10/1923). Joseph perd également sa sœur Angèle Marie Joseph née en 1894 le 17 Octobre 1918, victime de l’épidémie de la grippe espagnole.
Joseph obtient le certificat d’études Primaires le 31 Juillet 1909.

Inscription Maritime

Inscrit provisoire dans la marine marchande le 11/05/1911 à Saint-Brieuc, Joseph pratique essentiellement la navigation au cabotage et à la pêche côtière comme novice avec un patron au départ de Plévenon, puis devient inscrit définitif à sa demande le 7 mai 1913, immatriculé sous le n° 44161. Il navigue ensuite en alternant le cabotage à partir de Rouen et la petite pêche à Plévenon jusqu’au 19 février 1915.

Parcours pendant la grande guerre (de 1915 à 1919)

Faisant partie de la classe 1915, il est recruté sous le numéro 1014 dans les armées (bureau de recensement de Saint-Brieuc-Dinan). Affecté dans la marine d’état au 2ème dépôt de Brest, du 1/03/1915 au 19/02/1916, il rejoint ensuite l’équipage du croiseur cuirassé Edgar QUINET jusqu’au 26 Mai 1917. En 1916, il participe ainsi à l'occupation de Corfou, puis à l'évacuation de l'armée serbe jusqu’au 26/05/1917, date à laquelle il rejoint la Canonnière = La Courageuse =. Là il participe à diverses opérations qui vaudront à l’équipage de la Courageuse d’obtenir la Citation à l’ordre du jour de l’Armée (photo en fin d’article). Sur ce document, on retrouve un bref résumé des faits de guerre ayant conduit à cette distinction : 21 juin 1917 – Le vapeur NORD, escorté par la COURAGEUSE, est torpillé de jour et atteint. Une torpille passe sous la COURAGEUSE qui lance quatre grenades. Le vapeur est sauvé. 11 décembre 1917 – Dragage auprès d’Akrati (Milo) : deux mines sont détruites. 3 janvier 1918 – Dragage du chenal de Doro, trois mines sont détruites. 4 mars 1918 – Le CLAN GRAHAM, convoyé par la COURAGEUSE, est torpillé de nuit et atteint. La COURAGEUSE recueille une embarcation chargée de personnel et dirige le remorquage par le SATURNE du bâtiment torpillé qui est sauvé. 20 août 1918 – Le BYZANTION, escorté par la COURAGEUSE, est torpillé de jour et manqué par un sous-marin. La COURAGEUSE lance dans de bonnes conditions onze grenades. Le bulletin de la guerre sous-marine du 26 août rend compte de cette attaque dans les termes suivants : « En mer Egée, le sous-marin qui avait commencé une croisière très active, le 17, a été grenadé par la COURAGEUSE à la suite de l’attaque manquée du BYZANTION, le 20, et n’a plus été revu depuis ». 9 et 10 septembre 1918 – Le POLYCASTRIA, dans l’escorte duquel se trouve la COURAGEUSE, est torpillé de nuit et atteint. La COURAGEUSE lance deux grenades, le vapeur torpillé est sauvé. 5 octobre 1918 – Le REVENTAZON et la MARIA, dans l’escorte desquels se trouve la COURAGEUSE, sont torpillés de nuit et coulent très rapidement. La COURAGEUSE sauve quarante-quatre hommes du REVENTAZON et, avec l’aide du COQUELICOT, vingt-quatre hommes du MARIA, dont plusieurs blessés graves. La COURAGEUSE est torpillée à son tour. La torpille passe sous le milieu du bâtiment. La COURAGEUSE opérant avec FLAMBERGE lance presque aussitôt 10 grenades sur le sous-marin dans des conditions telles qu’un résultat heureux semble très probablement avoir été obtenu. Trois heures après, une nappe épaisse de mazout longue de 1000m et large de 3 à 400m recouvre la mer. (…). Cette dernière action détermine l’attribution de la Croix de Guerre à la Courageuse. » Le texte précise entre autres : « (…) bâtiment à bord duquel n’a cessé de régner le plus bel esprit militaire, (…) » Le rapport du lieutenant de Vaisseau Cosme se termine de belle manière « Je tiens, Commandant, en terminant, à vous dire combien j’ai été fier au cours de ces opérations, tant pour le sauvetage des naufragés qu’au moment où le sous-marin nous a torpillé, et pendant le grenadage de l’ennemi, de l’attitude de mon bel équipage, calme, silencieux, exécutant tous les mouvements avec ordre et sang-froid, sous la direction de l’officier en second, et qui m’a donné constamment, dans ces circonstances, la preuve que je pouvais, aux heures difficiles, placer dans mes hommes une confiance illimitée. Signé : COSME » Joseph TADIER a été promu quartier maître timonier sur la Courageuse par décision ministérielle du 5 janvier 1918 (cf. livret de de solde, p.14) Cependant, son séjour maritime dans les Dardanelles lui a valu une pleurésie probablement mal soignée qui a généré des complications pulmonaires reconnues par les Commissions de réforme successives en faveur d’un pourcentage supplémentaire de droit à pension (Fiche Matricule Militaire)

L’après-guerre

A partir de 1919 il retrouve la marine marchande et navigue à plusieurs reprises sur le Rochambeau sur la ligne le Havre - New York, puis sur différents cargos au long cours. Joseph se marie le 19 Octobre 1926 à Saint-Lunaire (35) avec Marcelle Marie Gabrielle MENIER (1897 -1978),née à Saint-Briac. Deux enfants naîtront, Pierre Joseph Marie, (1927-2016) et Annick Marcelle (°1930) tous deux nés à Plévenon. En 1931, le couple s’installe définitivement dans la maison de la mère de Marcelle à Saint-Briac sur mer (35) jusqu’à leur décès. Joseph prend sa retraite de marin en 1940, où il effectuera divers travaux dans des fermes de la région. Pendant la guerre de 40, il est blessé en sautant sur une mine dans son jardin. Joseph TADIER décède le 2/06/1978 au foyer logement de Saint-Briac sur Mer, 5 jours après son épouse.

Reproduction de la Citation à l’ordre du jour de l’armée (Archives Familiales)

Pages réalisées par Serge TADIER Adh 10040

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